Jean-Jacques Pinaud

Sculptures en feutre de laine à l’aiguille

Quel serait l’élément déclencheur qui m’a amené à réaliser ces créations ?

D’abord la rencontre d’une balle de laine encore aérienne et duveteuse comme une évocation d’enfance avec un outil plein de simplicité en apparence : une aiguille, mais possédant des ardillons qui permettent de faire feutrer la laine par l’opiniâtreté du geste répété du piquage.

« La répétition, comme le dit l’artiste Louise Bourgeois, confère une réalité physique à l’expérience. Répéter inlassablement et toujours en visant la perfection…. une façon de parvenir à maîtriser ce qui vous tourmente. »
Et ce qui me tourmente serait de faire naître la forme comme je l’imagine.
La forme provient d’un état de conscience anesthésiée du réel, elle apparaît fugacement d’abord au détour d’une piqûre et lentement ou soudainement s’impose, s’installent pour demeurer.

Je pique comme je sculpte.
La laine comme un énorme nid, un agglomérat de terre et de ciel, de mort et de vie.
Mais quelle concentration d’images contenues, d’improbables possibles entraperçus!
Pourquoi m’arrêter là pour « maçonner » la matière ? Cette immense puissance d’énergie en attente, réveille une rêverie piquante à la gloire du feutre.
La forme créée, c’est l’effort et je dirais même la souffrance plaisante du résultat obtenu par la constante compression et compactage provoqués par la piqûre. Il faudrait un Francis Ponge pour exalter cette piqûre créatrice.




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