Photographie

Voir comme j’ai vu
Traquant
Joyeux forçat
Le coeur éparpillé
De l’infini
Je suis né en 1970 à Créteil ou presque.
A 13 ans j’ai saisi un appareil photographique comme d’autres au même âge saisissent une guitare. Pour jouer mon propre rock’n roll.
Et depuis, comme en plein songe, je vis et photographie de concert.
Il s’agit d’être « voyant ». Pas ou peu de triturations du médium photographique dans ma pratique. L’essentiel se passe à la prise de vue. Je marche à « l’instinctmatic » ! Le vu reste pur et brut. Je suis sur une ligne claire de la photographie qui n’empêche pas, à mon sens, l’évasion.
J’isole, je cadre, je formalise à la volée une image qui se présente à moi. L’image est là, devant mes yeux, évidentes, saturées de réel. J’attrape, peut être ainsi, une parcelle de vrai vérité de notre existence. C’est mon moyen de dire et d’exprimer ce que je pense et ressens.
C’est idiot et titanesque à la fois. Une aventure sans cible ! Car en effet je ne touche pas grand monde !
Ces pépites que je souhaite extraire proviennent de la mine d’or grise du réel; je puise avant tout dans le quotidien et la banalité. Fausse banalité parce qu’en vrai elle n’existe pas. Jamais. Et j’ajouterai que partout nous sommes à un bout du monde. A chaque pas. A chaque moment. Partout où l’on vit.
Je scrute notre modernité, le naturel, le cosmique entre éblouissement et effarement. Cet ensemble énigmatique forme une poétique de la rature. Car tout n’est que accidents après tout.
Ce flot d’images photographiques, miroirs, constitue en creux aussi une sorte d’autoportrait. J’espère que vous pourrez aussi vous y reconnaître.
Mais parlons des bâches que je présente ici !
Une bâche c’est comme un écran de cinéma ? Au retour de Gdansk en 2006, en bus, assis dans un des fauteuils, passager, j’étais comme au cinéma à regarder défiler le paysage me demandant quoi prendre en photo au juste puisque pour moi le monde dans sa totalité est image. J’ai alors décidé de restreindre la tâche aux bâches colorées des camions et à ces bouts de mots qu’on peut relire comme on veut avec de nouveaux sens. Pour finir aujourd’hui (2025) par remettre sur bâches les bâches ! Même si je maîtrise peu les concepts en général, ce projet est légèrement « Marxiste ». Il démontre que notre paysage occidental est devenu avant tout graphique, c’est-à-dire, capitaliste ! Qu’est ce qui attirait les regards des autres passagers dans ce bus ? La lumière ? La nature ? Le paysage ? Non ! Les gens relevaient la tête à chaque camion dépassé… Le bruit des moteurs peut être…Ce travail fait figure d’un modeste traité sur le paysage européen.
Série: Le Retour de Gdansk (2006), impressions sur bâches 75cm x 54cm environ d’après négatifs argentique.
- mail : fabienbeauger@gmail.com
- tel : 06 14 36 95 68
- SIRET 831 92481600018







